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CREFOP : Comité Régional de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelles…

ou le règne de la novlangue et éléments de langage en tous genres.

Cette assemblée plénière s’est tenue le 03/07/2026, sous la présidence de JL Catanzaro, vice-président de la Région, dans l’hémicycle du Conseil Régional, climatisé, loin des conditions de travail des collègues sur le terrain… Il a ouvert la séance en dénonçant la baisse des dotations de la part de l’Etat, donc la baisse du nombre des places en formation. « Il faut donc optimiser les financements, c’est le cas avec la dreets ». Il est longtemps intervenu sur l’apprentissage, en insistant sur les enveloppes, l’une  de fonctionnement pour soutenir les CFA et la 2eme sur les investissements (plateaux, bâtiments), affectées par France Compétence, divisées par 2 au projet de loi de finances. Fin mai : ces enveloppes ont été divisées par 8.

La FSU refuse de s’associer à cette tribune

« La FSU dénonce depuis des années la politique du tout apprentissage de la Région qui se fait au détriment de l’enseignement pro et agri publiques, elle refuse donc de s’associer à cette tribune. Votre sollicitation purement politicienne, ne peut cacher votre politique austéritaire menée ces dernières années en attaquant la culture, les solidarités, le sport dans notre région, ces éléments collectifs dont ont besoin les lycéen·nes ligérien·nes. Et que dire de la politique éducative de la région en association avec le rectorat et la DRAF concernant les formations qualifiantes qui profitent majoritairement à l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public. Nous attendons aussi toujours une prise de position ferme de la région concernant le scandale du lycée St Stanislas de Nantes.  La FSU Pays de la Loire préférerait que cette reconnaissance passe par une place reconnue car légitime au sein de la commission « orientation tout au long de la vie et formation initiale. »

De bons résultats scolaires dans notre académie qui masquent des données différentes d’un territoire à l’autre, à mettre au regard des IPS, selon le nouveau Recteur.

Le nouveau Recteur  s’est présenté et a indiqué sa détermination à travailler avec la Région et les partenaires sociaux dans cette académie, au service des élèves, des jeunes, pour développer leurs compétences, pour travailler à leur insertion professionnelle, peut être décalée dans le temps après une poursuite d’études. L’objectif de l’Education nationale est de transmettre aux élèves une culture scolaire : maîtrise des savoirs fondamentaux et des savoirs êtres. Il s’est réjoui des bons résultats scolaires dans notre académie, mais ces taux régionaux favorables masquent des données différentes d’un territoire à l’autre et à mettre en regard des IPS. Il faudra utiliser ces données pour prioriser l’action pédagogique. Il dit mesurer les enjeux de la formation professionnelle et être pleinement conscient du rôle du Rectorat en matière de formation et donc de réponse aux besoins des entreprises de la région, il faut donc avoir une capacité à faire évoluer plus rapidement la carte de formations. Il met en parallèle les besoins fondamentaux des élèves et les besoins des entreprises. Pour lui, le face à face entre Education nationale et apprentissage, qui existe depuis longtemps,  est aujourd’hui dépassé. L’enjeu actuel est celui de la complémentarité : 13500 apprentis sous statut scolaire, il faut éviter une concurrence entre LP et CFA sur un même bassin, chercher des complémentarités. «  On croit au modèle de l’apprentissage , à la réversibilité des parcours ». Pour répondre aux enjeux économiques et sociétaux, il faut adapter le contenu de chaque formation aux enjeux de transition écologique et numérique (défi de l’IA), répondre aux bouleversements géopolitiques ;  ces dimensions  doivent être intégrées à l’ensemble des formations, des métiers.

La CFDT qui siège à la tribune aux côtés du Medef, dénonce la réduction du déficit de l’Etat qui se fait au détriment de la formation des demandeurs d’emploi : 3000 places de supprimées, notamment celles « prépa » en direction des plus fragiles. « Avec moins, on fait moins.  Nous avons besoin de davantage de régulation. Les partenaires sociaux sont disponibles. Il faut trouver des places pour les jeunes sans apprentissage et revoir la carte de la formation et l’orientation. »

Le Medef a évidemment tenu son rôle de défense des entrepreneurs en exprimant des craintes fortes sur les compétences et l’apprentissage. Pour eux, l’alternance est une réussite pour tous les niveaux de diplômes, car elle permet la féminisation et une égalite des chances. Ce recul est presque philosophique. « Crainte sur la vision en silo, l’apprentissage est un vrai levier dans l’amélioration des compétences. Il faut une vision d’ensemble sur politique budgétaire et un plan d‘investissement dans les compétences. C’est l’approche budgétaire qu’il faut détricoter. » On notera l’ironie : le Medef rejoint les revendications de la FSU pour investir prioritairement dans la formation…

Puis nous avons pu apprécier le magnifique diaporama de la Région, nous pouvons être rassuré.es car les enjeux de la transition écologiques sont mieux intégrés dans les contrats d’objectifs. Selon la secrétaire à la planification écologique auprès du préfet de Région : il faut « casser les silos et faire percoler les enjeux de la transition de façon transverse et partenariale »  

Il y a ensuite eu un retour de l’expérimentation 1emploi-1formation.  L’ambition du « marché » de la formation pour la Région relève de 2 dispositifs :

  • pré-qualification : découverte des métiers, FLS, premiers gestes pro sur plateau technique
  • qualification dans le cadre d’un contrat d’alternance (apprentissage ou professionnalisation)

La Région a « redéfini » l’adéquationnisme : former le public tel qu’il est pour les attentes des employeurs.

La FSU est intervenue lors des échanges sur l’adéquationnisme.

La FSU rejoint les inquiétudes développées sur le tout adéquationnsime, et continue de porter que cela ne doit pas être l’alpha et l’oméga de la carte de formation. La FSU a aussi des inquiétudes sur la formation professionnelle agricole.  Les coupes sombres de l’Etat et la non-compensation de la région dans la formation professionnelle aboutissent à une baisse du nombre de places dans la formation pro agri (baisse des commandes de la région dans son appel d’offres).

Le recteur a répondu sur la logique adéquationniste : « Dans l’Éducation Nationale, on n’est pas toujours très à l’aise avec le terme plus qu’avec l’idée ; notre responsabilité : on forme des citoyens. La culture scolaire commune et le fait d’ouvrir un champ des possibles sont les priorités mais cela n’a pas de sens de former des jeunes à un métier qui n’aurait pas d’insertion, on essaie donc d’avoir ces 2 accès. Il faut envisager l’articulation entre formation initiale et formation tout au long de la vie avec une logique d’attention aux dynamiques territoriales mais avec la responsabilité de la formation d’une culture commune.

Les propos du nouveau recteur semblent aller dans le bon sens, mais le SNUEP-FSU restera vigilant sur la mise en action de ce discours.